Pour faire un piquage en charge, il faut installer un collier de prise en charge équipé d’une vanne sur la canalisation sous pression, puis utiliser une machine de perçage spécialisée pour découper la paroi du tuyau sans interrompre le flux. Cette technique, aussi appelée hot tapping, permet de créer un nouveau raccordement sous pression sur un réseau actif, que ce soit pour l’eau, le gaz, le chauffage urbain ou l’industrie. Nous détaillons ci-dessous les outils nécessaires, les étapes à suivre, les types de canalisations compatibles, les précautions de sécurité et les situations où il est préférable de faire appel à un professionnel.
Quels outils et équipements sont nécessaires pour un piquage en charge ?
Trois composantes essentielles sont nécessaires pour réaliser un piquage en charge : un collier de prise en charge, une vanne d’isolement et une machine de perçage. Le collier assure le maintien et l’étanchéité sur la conduite, la vanne permet d’isoler la zone percée, et la machine effectue la découpe sous pression sans interruption de service.
Le collier de prise en charge
Le collier est la pièce maîtresse de l’opération. Il se fixe autour de la canalisation et garantit l’étanchéité pendant toute la durée du perçage. Les colliers sont conçus en fonction du matériau de la conduite (fonte, acier, PVC, PE) et de la pression nominale du réseau. Un collier de prise en charge mal adapté compromet la sécurité de l’ensemble de l’intervention.
Pour les tuyaux en acier, on utilise souvent un raccord de type Weldolet soudé directement sur la conduite. Sur les tuyaux en polyéthylène (PE), une selle de piquage soudée par fusion est privilégiée. Pour d’autres matériaux, un collier mécanique fait l’affaire.
La vanne et la machine de perçage
La vanne d’arrêt, généralement à boisseau sphérique, est montée sur le collier. Elle permet de fermer l’accès une fois le perçage terminé et avant le démontage de la machine. Cette vanne doit être testée en pression avant le début de l’opération pour vérifier son étanchéité.
La machine de perçage, quant à elle, est fixée sur la vanne et réalise la découpe de la paroi du tuyau. L’outillage doit être maintenu en parfait état : fraises bien affûtées, motorisation entretenue. Nos machines de piquage en charge disposent d’adaptateurs compatibles avec les vannes Broen, Danfoss, Tonisco, Vexve et Böhmer, ce qui offre une grande flexibilité selon les configurations de réseau.
Avant de vous lancer dans le choix de l’équipement, nous vous recommandons de contacter nos équipes commerciales pour déterminer les matériaux et composants adaptés à votre projet.
Quelles sont les étapes clés d’un piquage sous pression ?
Un piquage sous pression se déroule en cinq phases principales : la préparation du site, l’installation du collier et de la vanne, l’épreuve sous pression, le perçage proprement dit, puis le démontage de la machine et la finalisation du raccordement. Chaque étape exige une rigueur absolue, car une fois l’opération engagée, il n’y a pas de solution de repli.
- Préparation et sécurisation du site : le périmètre est dégagé, la surface de la canalisation est nettoyée et décapée pour garantir une bonne adhérence du collier. Une mesure d’épaisseur de la paroi est effectuée à l’endroit du piquage.
- Installation du collier et de la vanne : le collier de prise en charge est positionné, puis serré fermement sans endommager la conduite. La vanne est montée et vérifiée en position ouverte.
- Épreuve sous pression : l’ensemble collier et vanne fait l’objet d’un test de pression pour confirmer l’étanchéité avant tout perçage. Cette étape est indispensable.
- Perçage : la machine est montée sur la vanne, puis le perçage est réalisé. Le coupon découpé est récupéré par la machine. Pendant cette phase, le débit et la pression dans la conduite sont surveillés en continu.
- Démontage et finalisation : la machine est dégagée, la vanne est fermée, puis la machine est démontée. Si le nouveau branchement n’est pas raccordé immédiatement, une bride pleine est posée sur le piquage.
La planification minutieuse de chaque étape, y compris l’évaluation des risques et l’obtention des autorisations nécessaires, conditionne la réussite de l’intervention. Si vous envisagez de réaliser un piquage en charge, nous vous conseillons de nous contacter pour bénéficier d’un accompagnement professionnel adapté à votre situation.
Sur quels types de canalisations peut-on réaliser un piquage ?
Le piquage en charge peut être réalisé sur pratiquement tous les types de canalisations : acier, fonte, PVC, polyéthylène (PE), polypropylène (PP), composite et même béton. La méthode de fixation du collier varie selon le matériau. Sur une conduite en acier, le piquage passe généralement par le soudage d’un raccord renforcé. Sur du PE, on utilise une selle de piquage soudée par fusion. Sur de la fonte ou du PVC, un collier mécanique adapté à la classe de pression du réseau est employé.
Cette technique est couramment utilisée pour alimenter un nouveau lotissement en eau, installer un poteau incendie, prolonger un réseau de chauffage à distance ou créer une dérivation sur un pipeline de gaz. Nous proposons des solutions pour des tailles de branchement allant du DN10 au DN1600, ce qui permet de répondre aussi bien à un petit raccordement domestique qu’à une dérivation majeure sur un pipeline industriel.
Quels sont les risques et les précautions de sécurité lors d’un piquage ?
Les principaux risques d’un piquage en charge sont les fuites, les ruptures de conduite et, dans le cas de fluides inflammables, les risques d’explosion. Ces dangers découlent de la manipulation de matériaux sous pression et de l’apport de chaleur lors du soudage ou du perçage. Des précautions de sécurité strictes permettent de maîtriser ces risques.
Les situations à risque élevé
Certaines configurations rendent le piquage en charge particulièrement délicat. Les opérations de soudure sont interdites sur des équipements contenant des mélanges gazeux dans leur plage d’inflammabilité ou susceptibles de le devenir sous l’effet de la chaleur. L’acétylène, l’éthylène et d’autres hydrocarbures insaturés peuvent se décomposer de manière explosive dans certaines conditions.
Les limites d’emploi sont également liées à la dispersion de la chaleur produite, au matériau de la conduite (risque de fragilisation) et à la possible réaction du produit contenu avec la chaleur générée par l’opération.
Les précautions indispensables
Plusieurs mesures de sécurité encadrent chaque intervention :
- Port des équipements de protection individuelle adaptés au fluide transporté
- Mise en place d’extincteurs et, selon le contexte, présence de pompiers sur site
- Désignation d’un surveillant de travaux et définition claire des issues de secours
- Maintien de la pression dans la conduite aussi basse que possible pendant les travaux
- Connaissance des procédures d’urgence par tous les intervenants
La norme de référence internationale pour le piquage en charge dans l’industrie pétrolière et pétrochimique est l’API Recommended Practice 2201, qui précise notamment que le piquage en charge ne doit jamais être un travail d’urgence : si les précautions ne peuvent pas être établies à l’avance, l’équipement doit être mis hors service.
En France, la réglementation sur la distribution de gaz impose que les travaux de piquage en charge soient réalisés avec un dégagement de gaz aussi limité que possible, conformément à un cahier des charges particulier. Le respect des normes applicables aux piquages est essentiel pour garantir la sécurité de l’intervention.
Quand faut-il faire appel à un spécialiste du piquage en charge ?
Il est recommandé de faire appel à un spécialiste dès que le piquage concerne une conduite de gaz, un fluide dangereux, un réseau à haute pression ou un diamètre important. En pratique, la grande majorité des piquages en charge nécessitent des agréments et certifications spécifiques et un équipement professionnel que seules des entreprises spécialisées possèdent.
L’opération de piquage en charge est considérée comme exceptionnelle dans l’industrie. Les techniciens qui l’exécutent doivent être formés à la manipulation de fluides sous pression et, selon la juridiction, certifiés pour intervenir sur des systèmes contenant des fluides inflammables ou toxiques. Il convient également de prévoir un calage de canalisation adapté pour stabiliser la conduite pendant l’intervention.
Bien planifiée, cette intervention permet d’éviter des manœuvres très risquées comme la vidange complète d’une conduite sous pression. Mais le procédé exige une rigueur stricte dans sa réalisation.
Avec plus de 50 ans d’expérience et des interventions dans plus de 20 pays, nous proposons des solutions complètes de piquage en charge, de l’évaluation initiale à l’installation professionnelle, sur tous les matériaux de canalisation et pour des tailles de branchement allant du DN10 au DN1600. N’hésitez pas à contacter nos équipes pour discuter de votre projet.