Le piquage est l’opération qui consiste à raccorder une canalisation à une autre canalisation ou à un réservoir, généralement en réalisant un perçage sur la conduite existante. Lorsque cette opération s’effectue sur une conduite sous pression, sans interrompre le service, on parle de piquage en charge, aussi connu sous le terme anglais hot tapping.
Le mot « picage » est une faute d’orthographe fréquente que l’on rencontre dans les recherches liées aux canalisations, mais il ne désigne pas la même réalité technique. En métallurgie, le terme « picage » (ou « piqûre ») renvoie à la corrosion par piqûres (pitting corrosion), un phénomène de dégradation localisée des surfaces métalliques. La technique de raccordement sur conduite sous pression s’écrit bien piquage en charge, avec les lettres « qu ». Pour mieux comprendre ce procédé, consultez notre page dédiée au piquage en charge.
Cette technique permet de créer de nouvelles connexions, de réaliser des dérivations ou de préparer des interventions de maintenance, le tout sans vidanger ni arrêter le réseau. Le piquage en charge est largement utilisé dans les industries du gaz, du pétrole, du chauffage urbain et de la distribution d’eau. Dans les paragraphes qui suivent, vous découvrirez comment se déroule un piquage sur canalisation, les différents types de raccordements existants, la distinction avec l’obstruction de lignes, les secteurs concernés et les raisons de privilégier cette approche.
Comment réalise-t-on un piquage en charge sur une canalisation ?
Un piquage en charge se réalise en installant un collier de prise en charge ou un raccord soudé sur la canalisation, puis en montant une vanne et une machine de perçage spécialisée. La machine découpe la paroi du tuyau pendant que le fluide continue de circuler, sans aucune interruption de service.
Avant toute intervention, une phase d’analyse est indispensable. Il faut évaluer le fluide véhiculé, la pression d’exploitation et le matériau de la canalisation. Ces paramètres déterminent le choix de l’équipement et du raccord adapté. Les trois composantes essentielles sont le collier (ou le raccord soudé), la vanne et la machine à percer. Ces éléments doivent être installés avec rigueur et faire l’objet d’une épreuve sous pression avant le perçage proprement dit.
Le processus se déroule ensuite en plusieurs étapes clés :
- Préparation et montage : le raccord est fixé sur la conduite (par soudure, collier mécanique ou selle de fusion selon le matériau), puis la vanne est installée.
- Épreuve de pression : l’ensemble raccord et vanne est testé pour garantir l’étanchéité avant le perçage.
- Perçage : la machine de piquage est montée sur la vanne et découpe la paroi du tuyau. Le coupon découpé est retenu par le foret pilote.
- Retrait de la machine : la vanne est fermée, la machine est démontée, et le nouveau branchement est prêt à être raccordé.
- Contrôle qualité : une inspection finale et une documentation complète viennent clore l’opération.
Si vous envisagez de réaliser un piquage sur conduite sous pression, nous vous recommandons de nous contacter. Nos professionnels peuvent évaluer vos besoins spécifiques et vous accompagner dans le choix de la solution la plus adaptée. Nos machines de piquage en charge disposent d’adaptateurs compatibles avec les vannes Broen, Danfoss, Tonisco, Vexve et Böhmer, ce qui offre une grande flexibilité sur le terrain.
Quels sont les différents types de piquage en tuyauterie ?
Les principaux types de piquage en tuyauterie se distinguent par le mode de raccordement et le matériau de la canalisation. On retrouve notamment le piquage par soudure (weldolet, sockolet), le piquage par collier mécanique, le piquage par selle de fusion pour les tuyaux en PE, et le piquage par bride de dérivation.
Piquage selon le matériau de la canalisation
Le choix de la méthode de piquage dépend directement du matériau du tuyau principal. Sur les tuyaux en acier, on soude généralement une plaque de renfort ou un raccord de type weldolet, puis on monte la vanne de piquage. Sur les tuyaux en polyéthylène (PE), on utilise une selle de piquage soudée par fusion, associée à une vanne d’arrêt. Pour les autres matériaux (fonte, PVC, composite), un collier mécanique de prise en charge est la solution privilégiée.
Les raccords de piquage existent dans différents modèles : à coller, à joint, à bride ou à sceller. Chaque configuration répond à des contraintes spécifiques de diamètre, de pression et de conditions d’exploitation. Les raccords de type olet (weldolet, threadolet, sockolet) sont fabriqués conformément aux normes internationales MSS SP-97 et ASME B16.11.
Piquage selon la géométrie et la technique
Au-delà du matériau, la forme géométrique du raccordement varie selon les besoins. On distingue le piquage sabot, le piquage en V et le piquage en gueule de loup, chacun correspondant à un angle et un type de connexion particulier. Pour en savoir plus sur la technique employée, la découpe peut être réalisée mécaniquement sur site (dans le cas du piquage en charge) ou en atelier par découpe laser pour les piquages préfabriqués.
Pour les matériaux spéciaux ou les configurations inhabituelles, nous vous conseillons de contacter notre équipe commerciale. Ensemble, nous pourrons déterminer le type de raccordement le mieux adapté à votre projet, en tenant compte également des différents types de calage nécessaires.
Quelle est la différence entre un piquage et une obstruction de lignes ?
La différence fondamentale est leur fonction : le piquage en charge crée une nouvelle connexion sur une canalisation sous pression, tandis que l’obstruction de lignes crée une isolation temporaire du flux à l’intérieur de cette canalisation. Le piquage ouvre un accès ; l’obstruction de lignes bloque le passage du fluide à un point précis.
En pratique, ces deux techniques sont souvent complémentaires. Le piquage constitue la première étape : on perce la canalisation pour installer un raccord et une vanne. L’obstruction de lignes intervient ensuite si l’on doit isoler une section du réseau. Un raccord d’obstruction et une tête d’obturation sont alors insérés dans le tuyau à travers l’ouverture créée par le piquage, afin de bloquer temporairement le flux.
Autre distinction importante : le piquage aboutit généralement à une modification permanente du réseau (un nouveau branchement, une nouvelle dérivation). L’obstruction de lignes, elle, est typiquement temporaire. Une fois les travaux terminés, la tête d’obturation est retirée et le flux normal reprend. La pression reste présente dans la canalisation dans les deux cas, sauf dans la section isolée lors d’une obstruction de lignes.
Différentes méthodes d’isolation sont disponibles selon les besoins du projet. Si vous n’êtes pas certain de la méthode qui convient à votre situation, nos professionnels pourront évaluer vos exigences spécifiques et vous orienter vers la solution la plus appropriée.
Dans quels secteurs industriels utilise-t-on le piquage ?
Le piquage en charge est utilisé dans de nombreux secteurs industriels où les réseaux de canalisations ne peuvent pas être interrompus. Les principaux domaines d’application sont le gaz et le pétrole, le chauffage et le refroidissement urbains, la distribution d’eau, l’industrie chimique et pétrochimique, ainsi que les centrales électriques.
Réseaux de gaz, pétrole et énergie
Dans le transport de gaz et de pétrole, le piquage pipeline est une technique courante pour créer de nouvelles dérivations ou préparer des opérations de maintenance sans interrompre l’approvisionnement. Les raffineries et les installations pétrochimiques y recourent régulièrement pour modifier leurs circuits de process. Les normes API RP 2201 et ASME B31 encadrent ces interventions dans le secteur pétrolier et gazier.
Chauffage urbain, eau et industrie
Le chauffage urbain représente un domaine d’application majeur. La CPCU à Paris, par exemple, mise sur le piquage en charge pour raccorder de nouveaux tronçons de réseau vapeur ou eau chaude sans interrompre la distribution, y compris en période de chauffe hivernale.
Dans la distribution d’eau, le piquage sur canalisation permet de créer de nouvelles antennes pour alimenter un lotissement, prolonger un réseau existant ou installer un poteau incendie, le tout sans priver les abonnés d’eau pendant l’intervention. L’industrie chimique et les process industriels font également appel à cette technique pour éviter les arrêts de production coûteux.
Nous intervenons dans l’ensemble de ces secteurs, avec des solutions adaptées aux réseaux HVAC, gaz, pétrole, eau et process industriels. Si votre secteur d’activité présente des contraintes particulières, n’hésitez pas à nous solliciter pour discuter de vos besoins.
Pourquoi privilégier le piquage en charge plutôt qu’un arrêt de réseau ?
Le piquage en charge est préférable à un arrêt de réseau parce qu’il garantit la continuité de service, réduit significativement les coûts opérationnels et limite les risques liés à l’arrêt puis à la remise en service des systèmes pressurisés. Le réseau reste opérationnel pendant toute la durée de l’intervention.
Dans un contexte industriel où de nombreuses activités fonctionnent en flux tendu, chaque heure d’arrêt de production a un impact direct sur la rentabilité. Le raccordement sous pression élimine cette contrainte : la canalisation reste en service pendant qu’un nouvel embranchement est réalisé. Les méthodes traditionnelles, qui imposent de vidanger et de dépressuriser le réseau, entraînent des interruptions prolongées et des coûts indirects considérables.
Les avantages concrets du piquage en charge par rapport à un arrêt de réseau sont multiples :
- Continuité de service : aucune coupure pour les utilisateurs ou les process en aval.
- Réduction des coûts : pas de vidange, pas de remise en service complexe, pas de perte de production.
- Planification simplifiée : les travaux peuvent être réalisés toute l’année, sans dépendre de fenêtres d’arrêt programmées.
- Élimination du risque de coup de bélier : la remise en eau, souvent source de dommages, n’est pas nécessaire.
- Impact environnemental réduit : pas de dépressurisation du système, moins de déchets et d’émissions associés aux arrêts.
Le piquage en charge réduit également l’exposition des travailleurs aux dangers. En évitant l’arrêt total des systèmes, on limite les phases critiques d’intervention. Cette approche s’inscrit dans une démarche durable : moins de matériaux gaspillés, moins de perturbations et un fonctionnement continu du réseau.
Si vous souhaitez en savoir plus sur nos solutions de piquage en charge ou si vous avez un projet spécifique, nos professionnels pourront évaluer vos exigences et vous proposer la solution la plus appropriée pour votre réseau.